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Monde Manifestations en Tunisie: qui est derrière la campagne «Fech Nestannew»?

09:08  12 janvier  2018
09:08  12 janvier  2018 Source:   rfi.fr

Iran : Emmanuel Macron, "préoccupé", appelle Hassan Rohani à "la retenue"

  Iran : Emmanuel Macron, La visite que devait effectuer le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Téhéran à la fin de la semaine, est reportée. © Fournis par Francetv info La France inquiète de la contestation qui agite l'Iran. Emmanuel Macron a exprimé, mardi 2 janvier, dans un entretien téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" des derniers jours en Iran. Le président a appelé Téhéran à "la retenue et à l'apaisement".

En quelques jours, la campagne « Fech Nestannew » est parvenue à mobiliser dans toutes les régions du pays contre la hausse des prix et la nouvelle loi. Si le mécontentement est bien réel, les manifestations de ces derniers jours en Tunisie ne sont pas pour autant spontanées.

Manifestations en Tunisie : qui est derrière la campagne « Fech Nestannew »? Manifestations en Tunisie : «Les revenus des classes moyennes se sont rétrécis».

En quelques jours, la campagne « Fech Nestannew » est parvenu à mobiliser dans toutes les régions du pays contre la hausse des prix et nouvelle loi de Finances. Mais qui est à l’origine de cette campagne ? Et que veulent ses militants ?

Des manifestants scandent des slogans au mégaphone lors d'un rassemblement à Tunis le 9 janvier 2018. © REUTERS/Zoubeir Souissi Des manifestants scandent des slogans au mégaphone lors d'un rassemblement à Tunis le 9 janvier 2018.

Si le mécontentement est bien réel, les manifestations de ces derniers jours en Tunisie ne sont pas pour autant spontanées. Elles sont le résultat d’une campagne lancée par des activistes jeunes mais expérimentés et proches du terrain : « Fech Nestannew ? » (« Qu’est-ce qu’on attends ? », en dialecte tunisien). Comprenez : qu’est-ce qu’on attend pour protester ?

"La société iranienne ne peut plus accepter l’immobilisme"

  La levée partielle des sanctions a fait espérer aux Iraniens une amélioration rapide de l'économie, qui n'est pas arrivée. Décryptage de Thierry Coville. Contrairement aux manifestations de 2009, qui étaient avant tout politiques, l’origine de la révolte populaire actuelle en Iran réside dans les frustrations économiques accumulées. Les manifestants, pour beaucoup des jeunes de moins de 25 ans et des classes populaires, crient cette fois leur ras-le-bol, après l’annonce d’une hausse du prix des œufs et de l’essence en 2018 - mesure finalement annulée par le gouvernement le 30 décembre.

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« Fech Nestannew » n’est ni un parti, ni une association : il s’agit d’un mouvement plutôt horizontal, qui dispose de relais dans toutes les régions du pays. Parmi les militants qui l’ont fondé : des activistes indépendants, d’anciens blogueurs très actifs pendant la révolution de 2011, des membres de parti de gauche comme le Front populaire, ou encore des syndicalistes étudiants.

« Nous nous sommes réunis, et avons décidé de lancer la campagne le 3 janvier 2018, à une date symbolique : celle de la commémoration des émeutes du pain de 1984 », raconte Henda Chennaoui, journaliste indépendante de 34 ans et porte-parole de la campagne.

Les militants taguent le slogan « Fech Nestannew » sur les murs de plusieurs villes, et arpentent les quartiers populaires de toutes les villes du pays pour distribuer des tracts appelant à protester contre la loi de finances 2018, leur principale cible.

Comptes de campagne : irrégularités dans les dépenses de Jean-Luc Mélenchon et d'autres candidats ?

  Comptes de campagne : irrégularités dans les dépenses de Jean-Luc Mélenchon et d'autres candidats ? c7192369-8192-41f2-a3eb-8edb51b47d5aSelon Le Parisien, de sérieuses divergences d’analyses sont apparues entre les membres de la CNCCFP. Le rapporteur chargé de cautionner les comptes de Jean-Luc Mélenchon a notamment claqué la porte refusant de cautionner des irrégularités. D’après ses propos recueillis par Le Parisien, Jean-Guy de Chalvron - c'est son nom -, aurait mis en lumière des dépenses litigieuses qui ne pouvaient, selon lui, pas donner droit à un remboursement de l’Etat…, remarques dont le reste de la Commission n’aurait pas tenu compte.

Manifestations en Tunisie : qui est derrière la campagne « Fech Nestannew »? Tunisie : la contestation alimentée par les mesures d'austérité ne cesse pas. Les Tunisiens font éclater leur colère contre la vie chère.

Si le mécontentement est bien réel, les manifestations de ces derniers jours en Tunisie ne sont pas pour autant spontanées. Elles sont le résultat d’une campagne lancée par des activistes jeunes mais expérimentés et proches du terrain : « Fech Nestannew ? »

« Dès le départ, c’était très clair pour nous : notre revendication est précise, c’est l’abrogation de cette loi de finances qui impose des mesures d’austérité et vise les plus pauvres, ceux qui ont déjà fait tous les sacrifices depuis la révolution », explique Henda Chennaoui.

En appelant à manifester contre cette loi à haute portée symbolique, et en s’attaquant au préoccupations quotidiennes des Tunisiens, la stratégie de « Fech Nestannew » porte rapidement ses fruits. Très vite, la campagne gagne de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux et sur le terrain.

Un succès immédiat

« Beaucoup d’entre nous avions fait partie auparavant de la campagne "Manich Msameh" (ndlr : “je ne pardonne pas”, contre la loi de réconciliation économique). Et nous n’avions pas eu ce succès immédiat et populaire à l’époque. Le sujet était peut-être moins évident, trop politique. Cette fois c’est différent », raconte la porte-parole.

Tunisie: De nouveaux heurts et des centaines d'arrestations

  Tunisie: De nouveaux heurts et des centaines d'arrestations Plus de 600 personnes ont été arrêtées… © FETHI BELAID / AFP Un véhicule de la police tunisienne endommagée lors des manifestations le 11 janvier 2018. Des heurts ont eu lieu pour une troisième nuit consécutive entre forces de l’ordre et jeunes dans plusieurs villes de Tunisie, où plus de 600 personnes ont été arrêtées depuis ce lundi, a indiqué ce jeudi le ministère de l’Intérieur.Les autorités ont toutefois jugé que l’intensité des violences, alimentées par la grogne sociale qui perdure depuis des années, avait diminué.

Manifestations en Tunisie : qui est derrière la campagne « Fech Nestannew »?

Si le mécontentement est bien réel, les manifestations de ces derniers jours en Tunisie ne sont pas pour autant spontanées. Elles sont le résultat d’une campagne lancée par des activistes jeunes mais expérimentés et proches du terrain : « Fech Nestannew ? »

Une première manifestation de Fech Nestannew a lieu à Tunis, le dimanche 7 janvier, sur l’avenue Bourguiba, et est réprimée par la police qui disperse les manifestants. À ce moment-là, plusieurs activistes de la campagne ont déjà été arrêtés par la police alors qu’ils distribuaient des tracts.

« Les autorités n’ont pas l’habitude de ce mode d’action, sourit doucement Henda Chennaoui. Ils n’avaient jamais vu des gens distribuer des tracts comme cela dans les quartiers populaires. C’est nouveau ici. »

La réaction des autorités trahit en tout cas l’inquiétude du pouvoir face à ce mouvement de protestation, récent mais déjà influent. Très vite les manifestations se multiplient à travers le pays et dégénèrent plusieurs nuits d’affilée en affrontements avec les forces de l’ordre. Un manifestant est tué à Tebourba, près de Tunis, le 8 janvier. À Thala, près de la frontière algérienne, un poste de la garde nationale est attaqué dans la nuit 10 au 11 janvier. Le 11 janvier le ministère de l’Intérieur a communiqué le bilan de ces jours de colère : 70 policiers blessés et plus de 600 arrestations. L’armée a annoncé avoir déployé des hommes pour protéger les principaux bâtiments publics et gouvernementaux.

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Manifestations en Tunisie : qui est derrière la campagne « Fech Nestannew »? En quelques jours, la campagne « Fech Nestannew » est parvenue à mobiliser dans toutes les régions du pays contre la hausse des prix et la nouvelle loi de Finances.

Manifestations en Tunisie : qui est derrière la campagne « Fech Nestannew »? Vendredi, 12 janvier 2018. En quelques jours, la campagne « Fech Nestannew » est parvenu à mobiliser dans toutes les régions du pays contre la hausse des prix et nouvelle loi de Finances.

Si toutes les manifestations ne sont pas violentes, le chef du gouvernement Youssef Chahed a fustigé les « casseurs », et accusé l’extrême gauche et des mouvements mafieux d’être derrière les protestations.

« Franchement, discréditer les manifestants avec des théories du complot, ça rappelle les déclarations de Ben Ali à l’époque de la révolution ! », s’exclame Henda Chennaoui.

« Je n’encourage pas les violences bien sûr, poursuit-elle. Mais il y a des jeunes qui se retrouvent sans avenir, sans perspective, enfermés dans leur quartier, et pour qui il s’agit aussi d’une façon de s’exprimer. C’est inévitable lors de mouvements de protestations. »

«Renverser le rapport de force»

Mais cette fois, l’objectif n’est pas le renversement du régime ou un changement de gouvernement : « À quoi cela servirait-il ? », soupire la jeune femme.

« Personnellement je vois plutôt cela comme la continuité de la révolution, explique Henda Chennaoui. Il y a eu une transition politique, avec des élections libres. Maintenant, nous attendons le changement économique que nous réclamons depuis le début ! Il est temps de réaliser les objectifs de justice sociale de la révolution. Nos dirigeants n’ont plus d’excuse. On va leur mettre la pression : il faut renverser le rapport de force. »

Med Dhia Hammami, un analyste politique qui suit de très près les mouvements sociaux, reconnaît que la campagne « Fech Nestannew » est « très structurée, avec une stratégie bien précise ». Et surtout, contrairement à d’autres mouvements sociaux qui ont pu éclater ces dernières années, comme souvent au mois de janvier, elle arrive à un moment où la confiance semble particulièrement rompue entre les Tunisiens et leurs dirigeants. « Il y a un très grand désenchantement vis-à-vis de l’élite politique », résume-t-il.

Alors que d’importantes manifestations sont prévues le vendredi 12 janvier dans tout le pays à l’appel de « Fech Nestannew », Henda Chennaoui se dit « déterminée » : « Nous avons une dizaine de militants qui sont toujours détenus. J’espère que les manifestations vont attirer du monde, mais je m’attends de toute façon à une répression de la part du pouvoir. »

Enquête du FBI : la Russie a-t-elle financé la campagne de Trump via la NRA ? .
Le lobby des armes à feu, qui a versé au moins 30 millions de dollars à la campagne électorale de Trump, est soupçonné d'avoir été l'intermédiaire d'un banquier proche du Kremlin. © Copyright 2018, L'Obs Donald Trump à la NRA, le 28 avril 2017 à Atlanta Le FBI mène une enquête pour déterminer si un important banquier russe lié au Kremlin a financé illégalement la campagne électorale de Donald Trump par l'intermédiaire de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu aux États-Unis. C'est ce que rapporte l'agence de presse McClatchy, qui cite deux sources proches du dossier.

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